Hunt Showdown

INFO

2019 – PC
2020 – PS4/ONE
Genre – FPS Survival horror
Joueur – Multi
Développeur – Crytek
ÉditeurCrytek
PEGI 18
Testé sur One X

J’entends souvent : « Ce n’est pas la taille qui compte mais la manière de s’en servir ». Cette réplique est aussi balancé par Michael Caine dans Austin Power mais ça tout le monde s’en fout. Tout le monde se souvent aussi du premier Iron Man avec Robert Downey Jr et son clinquant « Ce n’est pas l’armure qui fait le héros. Mais l’homme qui est à l’intérieur ». Tous ces exemples nuls pour expliquer que ce n’est pas parce qu’un jeu est développé sur Unreal Engine 5 qu’il sera forcément beau. Ce moteur graphique est de loin le plus populaire et nous fait oublier celui qui à mis à genoux les PC pendant des années : le CryEngine. En 2007, Crysis à créer la surprise avec un moteur graphique d’un tout nouveau genre. Il aura fallu des années pour le faire tourner au maximum. Ajoutons à cela : des zones ouvertes, les décors destructibles et la possibilité d’appréhender les missions comme on veut et on obtient un FPS dont on parlera encore dans 10 ans. Le CryEngine était visiblement très en avance sur son temps. Tellement qu’il sert encore actuellement de test Benchmark pour les cartes graphiques de nos valeureux PC. Oui je vous parle bien d’un jeu de 2007. En 2014, leur nouvel production, Ryse : son of Rome crée une nouvelle fois l’évènement avec une technique impeccable mais avec un jeu bien plus creux et diablement répétitif. Nous étions donc en droit de nous demander si le studio Crytek ne misait pas tout sur les graphismes en oubliant le reste. Quand j’ai reçu ma copie test sur One je me suis dit que c’était le moment de faire chauffer la One X jusqu’à ce qu’elle crache du sang et meurs dans d’horrible souffrance. C’est ça l’effet Hunt Showdown.

Horreur et désolation
Me voici balancé dans un coin de la carte de cette Louisiane désenchantée avec quelques armes et la boule au ventre. Rien ne sera facile et me frayer un chemin au milieu de toutes ces abominations va me demander discrétion et précision. L’ambiance est insupportablement lourde et la mort peut arriver de partout, à tout moment. Le bruit que font mes pas dans la boue ne tarde pas à effrayer quelques corbeaux qui, s’envolant dans un vacarme terrible, pourrait me faire repérer. Je repasse accroupi dans un buisson en attendant que la goule attirée par le vacarme reparte d’où elle vienne. Je pourrai bien sur lui tirer dessus mais c’est sans compter le bruit que va faire cet hypothétique coup de feu. J’ai l’option de l’arme blanche qui reste la plus discrète mais je préfère continuer vers cette vieille grange qui me rappelle un peu la maison des Baker dans Resident EVII (c’est un sept en chiffre romain qui à bien plus de classe que de mettre un vulgaire 7 alors qu’il n’apparait même pas sur la jaquette originale. Alors vous me direz que la version japonaise à lui un 7, mais intégré au titre bioha7ard qui s’intègre magnifiquement au Z) mais en encore plus glauque. Chaque lieu est déchiré par la pourriture et la putréfaction avec une histoire qui n’a pas besoin de mots pour être racontée. Le degré de cruauté et de réalisme de certaines fermes donne littéralement la gerbe. Je ne trouve qu’un piège à loup dans cette bicoque. Je brise la fenêtre et rejoint le champ de tournesols un peu plus loin. Putain j’ai vu quelque chose courir. Il me faut atteindre cette autre ferme, celle avec le cheval mort devant. Un peu de vision occule pour être sûr de la direction à prendre et je continue vers ce cheval qui se réveille en me voyant de son dernier œil avant de mourir dans un dernier hennissement qui vient littéralement éventrer le silence. Je cours directement au premier étage, marche sur des bris de verres qui attire visiblement quelque chose qui est sur le toit. C’est une ruche, une entité démoniaque composée d’abeilles qui peuvent à tout moment déchiqueter la gueule de celui qui l’approche de trop près. A peine le temps de remonter mon slip que je saute encore par la fenêtre pour m’éclater au sol dans un râle de douleur légitime. Il me faut trouver ce premier indice. Je trouve enfin une masse, idéale pour dessouder en un coup avec juste le bruit des os qui craquent. Vous l’aurez compris, l’ambiance de Hunt Showdown est prodigieuse, extraordinaire, magistrale et putain les mots me manquent. Pour nous faire frissonner comme ça, il faut un bon son et une direction artistique en graphène (je me doute bien que vous allez taper ce mot dans google afin d’en avoir une définition que je ne vous donnerez pas ici). Pas de musique maestro !

Port du casque obligatoire (titre de la sex-tape)
Imaginez un film d’horreur sans le son. C’est non seulement inconcevable et bordel qui a planqué cette maudite télécommande. C’est comme voir le clip de Skyfall sans musique, c’est un véritable scandale et les petits gars de chez Crytek l’ont que trop bien compris. Une bonne image liée à un bon son peut faire des merveilles. Le son 3D est ici juste incroyable et mon casque en a pleuré de bonheur. Pour les deux du fond qui ne savent pas ce qu’est le son 3D (déjà parfaitement utilisé dans l’excellent Get Even) et son intérêt : c’est une technique de sonorisation hyper-réaliste qui arrive à restituer notre écoute naturelle, pas de la stéréo mais bien trois dimensions. De quoi chier dans son froque à plusieurs reprises si vous découvrez pour la première fois ce type de son avec Hunt. Les pas, le vent, les coups de feu ou encore les tintements d’une chaine en fer que votre épaule n’aurait jamais dû toucher. Je conseille bien évidemment un casque et non les écouteurs de votre smartphone. Le résultat est mortel dans tous les sens du terme. Et ce sont justement nos sens qui vont être demandés durant cette partie de chasse pas comme les autres. Ce paragraphe à donc traité l’ouïe, le suivant s’occupera de la vue.

Cry me a river
Le CryEngine est impressionnant et le rendu est très bon. Inutile de préciser que les PS4 Pro, Xbox One X et le PC offriront une bien meilleur expérience. J’ai testé Hunt sur One S et One X. Il n’y a pas photo, la version X est bien plus fine et surtout beaucoup beaucoup beaucoup plus fluide. N’ayant pas reçu la version PC, je suis allé voir des benchmarks et il faut du matos très récent pour arriver aux sacro-saint 60 fps. Les textures sont follement détaillées, les effets de lumières sont discrets mais suffisant pour enfoncer le clou de l’immersion. Parcourir la carte de nuit avec juste la lueur de la pleine lune est à faire au moins une fois dans sa vie. Les cadavres d’animaux et autres monstres dégoulinent de détails. L’araignée m’a donné de très gros coup de speed avec ses animations tout droit sortis de « L’échelle de Jacob ». Je le répète pour la centième fois, tout est poli, peaufiné, travaillé pour que tout soit parfait pour le trio : ambiance/son/graphisme. Un très grand bravo.

Le bon, le monstre et le traître
Mais alors quelles sont les règles quand la chasse est ouverte ? C’est très simple, salaud et bancal en même temps. Dans un premier temps, il faut trouver des indices, trois pour être précis, puis il faut traquer et tuer la bête. On termine en s’échappant de la carte avec la prime en poche. Plusieurs stratégies peuvent alors être misent en exergue. Soit on joue le jeu en courant après les indices et la bête, soit on campe en espérant croiser et tuer celui qui à fait le boulot à notre place et récupérer sa prime comme un gros crevard des familles. On peut aussi le filer avant de le buter. Cependant, ce mélange de PvP et de PvE est comme son nom l’indique un hybride qui compte sur des PNJ (les monstres) qui ne vont pas nous lâcher et il ne sera pas rare de se faire massacrer en entrant dans une grange. Quand on se fait poursuivre par deux berserks qui n’ont rien bouffé depuis trois jours, on peut espérer une mort rapide et sans souffrance. D’ailleurs, cette dernière est définitive. Pour faire simple, mes premières chasses vont durer moins longtemps que les temps de chargements pour se connecter au serveur et attendre les autres joueurs. Un mal pour un bien dans un jeu qui se découvre avec du temps, de la patience et énormément de coups fourrés. On voit son chasseur évoluer, avoir de meilleures armes et même si il est possible de payer pour commencer avec un chasseur meilleur, une balle dans la tête reste une balle dans la tête.

Mon avis
Avec son ambiance à classer dans les annales et un système d’affrontement un peu bancal, on sort de chaque partie avec le plaisir d’avoir passé un moment unique même si ce Kevin74Raw vous a tiré comme un lapin à quelques mètres de la zone d’extraction. Le travail effectué est pharaonique. Quand on pense qu’un certain Predator Hunting Grounds coûte plus cher et est très très en dessous à tous les niveaux, le choix devient plus vite évident.

Hunt Showdown est un jeu multijoueur 3G : Gore, Graphique, Gothique.
FANTASTIQUE

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