NIOH 3

Il existe probablement quelque part une divinité obscure dont le seul loisir consiste à observer des joueurs promettre « juste une dernière tentative ». Cette entité adore sans doute Nioh 3. Parce que ce jeu transforme la volonté humaine en confettis avec une constance presque scientifique. On admire, on insiste, puis on accepte que la manette finira par servir d’anti-stress.

Un action-RPG exigeant où l’on affronte des démons et guerriers dans un Japon dark fantasy, avec combats techniques, esquives millimétrées, gestion d’endurance et progression basée sur l’apprentissage plus que sur la simple montée de niveau.

PLATEFORMES : PC

DÉVELOPPEUR : KOEI TECMO GAMES

ÉDITEUR : KOEI TECMO GAMES

DATE DE SORTIE : 6 février 2026

Mourir avec élégance, recommencer avec dignité, soupirer avec régularité

Visuellement, difficile de faire la fine bouche. Nioh 3 est somptueux sur PS5. Direction artistique inspirée, environnements détaillés, effets lumineux parfois splendides, créatures aussi fascinantes qu’inquiétantes. Il y a une vraie identité visuelle, loin du folklore samouraï carte postale. C’est un Japon fantasmé, brutal, crépusculaire, très cohérent.

La fluidité accompagne ce spectacle avec un sérieux irréprochable. Les combats restent lisibles même quand l’écran devient une chorégraphie létale. Techniquement, Team Ninja maîtrise son sujet.

Et pourtant.

Une difficulté très élevée qui peut freiner le plaisir

Parce que derrière cette beauté, il y a une difficulté qui ne fait aucune concession. Pas « stimulante », pas « corsée ». Non. Par moments, franchement écrasante.

Le système de combat est profond, subtil, presque élégant. Mais il demande un engagement total. Lecture des patterns ennemis, gestion du ki, choix d’armes, timing parfait. Une erreur devient souvent une exécution immédiate.

Pour certains joueurs, c’est le cœur du plaisir. La progression mentale, la satisfaction de vaincre après vingt échecs, le sentiment d’avoir dompté la bête.

Pour d’autres, dont cette critique fait partie, cela devient une barrière. À force de se faire démolir avec méthode, le plaisir s’évapore. Reste l’admiration distante, un peu frustrée, devant un jeu clairement brillant mais émotionnellement inaccessible.

Un monde magnifique qu’on aimerait parfois juste explorer

Il y a aussi ce paradoxe: plus le jeu est beau, plus on aimerait simplement s’y promener. Explorer, respirer l’ambiance. Or Nioh 3 rappelle constamment que ce n’est pas une promenade. C’est un champ de bataille où chaque ennemi, même banal, peut humilier sans préavis.

Cela crée une tension permanente qui peut soit captiver, soit épuiser. Selon la sensibilité.

Malgré tout, impossible de nier l’intelligence du design. Les systèmes sont solides, la progression gratifiante pour qui persévère, la direction artistique remarquable. C’est un grand jeu. Juste pas forcément un jeu accueillant.

Et parfois, jouer sert aussi à se détendre. Concept audacieux.

MON AVIS
Nioh 3 ressemble à un restaurant gastronomique extrêmement épicé. Objectivement remarquable, techniquement irréprochable, mais tout le monde n’a pas envie de pleurer pendant le repas. Certains savoureront chaque brûlure. D’autres regarderont le plat avec respect… puis commanderont quelque chose de plus clément.

FAUT VOULOIR EN CHIER

Points forts

  • Direction artistique superbe, sombre et cohérente.
  • Fluidité exemplaire, combats lisibles et techniques.
  • Système de gameplay profond, exigeant et maîtrisé.

Points faibles

  • Difficulté très élevée qui peut casser le plaisir.
  • Progression parfois décourageante.

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