Judgment

INFO
2019 – PS4
Genre – Action TPS
Joueur – Solo
Développeur – Ryu Ga Gotoku Studios
Éditeur – Sega
PEGI 18

Je vais toujours au bar le Tender les jours de pluie. C’est mon endroit préféré du quartier Kamurocho mais ça ne guérit pas mon ennui. Ce soir-là, j’avais des envies de changement, de frais, de nouveau. J’ai alors demandé au barman un cocktail que je venais d’inventer.
– 3cl de Yakusa
– 2cl de Sherlock Holmes
– 2cl de Johnnie To
– 1cl de Bong Joon-ho
– 0.5cl de Serial Killer
– 0.5cl de dégustation culinaire
– 1cl de bornes d’arcade
– Servir le tout avec un coup de tatane dans la gueule
Le serveur s’est alors moqué de moi. C’est après l’avoir attrapé par le col que je fais part de ma curiosité concernant la fusion du comptoir avec ses dents. Finalement pas intéressé par ma proposition, il s’exécuta. Le résultat fut excellent. Depuis ce soir-là, je ne l’ai plus jamais revu. Il a été remplacé par un très grand costaud pas très causant. Il ne me sert que des diabolos fraise. Il dit que c’est bon pour ma vie et mes dents. J’adore le diabolo fraise.

Et si tu commençais par le début ?
Si vous connaissez la licence Yakusa sur Playstation, vous ne serez pas perdu dans les rues de Kamurocho. Le jeu se joue à la troisième personne dans un monde ouvert. Un univers plein à ras bord de répliques sanglantes, de crimes, de trahisons et de Yakusa comme s’il en pleuvait. Avec Judgment, Ryu Ga Gotoku Studios nous offre deux nouveautés majeures : un personnage qui n’est pas un Yakuza et des sous-titres en français. Car oui mesdames et messieurs, Judgment est le premier jeu du studio à en avoir. Pour info, le premier Yakuza est sorti en 2007. Notez l’effort.

La cité de la peur
Pas le temps de s’ennuyer face à un jeu qui démarre sur les chapeaux de roues avec une introduction/tutoriel un poil bancal mais qui donne les bases, pose l’ambiance et surtout introduit notre personnage. Yagami est détective privé et avocat. Il a des méthodes qui ne sont pas toujours très conventionnelles mais il est vraiment marrant de le voir réciter des textes de loi tout en bastonnant son suspect. L’histoire, ce n’est pas un spoil, va tourner autour d’un serial killer qui arrache les yeux de ses victimes. J’utilise comme un gredin le mot « tourner » car c’est une partie de l’histoire. Beaucoup d’histoires parallèles, de sous intrigues, sous sous intrigues et énormément de personnages vont intervenir dans ce petit théâtre de l’horreur qu’est le quartier de Kumurocho. Une histoire vraiment excellente, qui m’a surpris de bout en bout et qui en plus se paye le culot de l’humour, de l’insolence avec des clins d’œil aux meilleurs réalisateurs (Johnnie To, Tsui Hark, Andrew Lau et Alan Mak…) et même d’autres jeux vidéo. La classe totale.

Yagami sa culotte à l’envers
Ce personnage va avoir droit à son paragraphe et il le mérite. Il est imprévisible dans ses réponses et sa manière d’agir et il n’hésitera pas à jouer avec le feu pour arriver à ses fins. Rarement la psychologie d’un personnage ne m’aura autant fasciné. On est à des années lumières d’une coquille vide qui n’a rien à raconter, pauvre tas de pixel sensé être notre avatar dans un monde ouvert. Il est accompagné de Kaito, ex Yakuza qui n’a pas non plus sa langue dans sa poche. Nettement plus tête brûlée que Yagami, il apporte lui aussi beaucoup de fraîcheur et sa propre histoire. Le duo est excellent et les dialogues très bien écrits. Cependant, l’ambiance peut paraître un chouille grossière pour ne pas dire parodique. Tout le monde est à fond, en surjeu avec du costume qui étincelle de mille feux comme les papillons de lumière de Cindy Sanders. Personnellement j’aime beaucoup car ça apporte un cachet unique au jeu.

Ambiance, lumières et météo
Autre personnage principal du jeu : le quartier de Kumurocho. Un espace de jeu pas bien grand et qui ne va proposer qu’une seule météo. Les commerces ne sont pas tous accessibles et on passe donc plus son temps dehors qu’à l’intérieur. Puis le jeu va balayer tous ses défauts du revers de la main en ricanant comme un gros taré bien trop sur de lui pour en sortir entier. Le constat est incroyable : on ne s’ennuie jamais. Le quartier devient vite notre seconde maison. On croise notre propriétaire qui nous réclame le loyer, un signe de tête aux commerçants du coin ou encore une pause burger dans un Smile Burger et son concours de selfie. C’est incroyablement vivant, rythmé et merde… J’ai cité quoi comme défauts déjà ? Une question dans le fond, les graphismes doivent être beaux ? Mazette oui.

« Éteins la lumière, C’est pas Versailles ici !
Les enseignes n’en peuvent plus d’éclairer les rues. Chaque PNJ à une occupation propre et c’est beau. La modélisation du quartier est très bonne, idem pour les personnages. Beaucoup de détails et ça fait plaisir. J’ai remarqué quelques chutes de framerate et quelques temps de chargement longuets. On ne peut pas tout avoir. Ça reste du bon travail.

On cherche, on trouve
Phase de recherches, interrogatoires, filatures, combats… Notre Yagami a du pain sur la planche et cette garce est particulièrement large. Suffisamment de variété dans le gameplay pour nous tenir en haleine. Alors oui, les filatures sont complètement ratées avec une IA bête comme ses pieds, donnant lieu à des situations totalement absurdes qui détruisent l’ambiance. C’est dommage. On se console avec une partie de fléchettes ? C’est moi qui offre.

Sega c’est plus fort que toi, ta sœur, ton chien…
*Prend sa respiration*
Jeux de cartes, bornes d’arcade, fléchettes, boire un coup, manger un bout, jouer au golf, jouer au baseball, jouer à des jeux VR… les occupations ne manquent pas en ville. Le jeu est extrêmement généreux en contenu et c’est quand pense avoir tout essayé que… mais c’est des jeux à pince là bas !? Idéal pour décorer son bureau.

Mon avis
Difficile de ne pas tomber sous le charme d’un jeu aussi rythmé et complet. Reste un manque de finition évident mais qui ne gâche en rien l’expérience sur la longueur. Crapahuter dans les rues est un réel plaisir. Le scénario est en béton armé et même si certains personnages sont grand guignolesque, cette sur-mise en scène assure une ambiance unique qui trouve le juste équilibre entre sérieux et humour.

Avec sa gueule d’ange, son scénario et son ambiance, Judgment fait partie des incontournables de la PS4.
EXCELLENT

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