White Night

INFO
2015 – PC/PS4/ONE/IOS
Genre : Survival Horror/Puzzle Game
Joueur : Solo
Développeur : OSome Studios
Éditeur : Activision
PEGI 12
Testé sur ONE
La nuit est belle comme un cadavre allongé au milieu de la route. Elle est passion, elle est l’amante d’un soir à tous les hommes perdus dans le brouillard de l’alcool. La nuit est blanche à s’en éblouir le coeur. Un accident, besoin d’aide, allons frapper à cette maison pour trouver quelqu’un. L’espoir s’envole comme des volutes de tabac. La lumière sera ma seule et unique amie durant cette longue nuit. La lune me nargue avec son sourire en forme de croissant chaud et le ciel est aussi noir qu’un bon café. Pas de nuances en ces présences, tout est noir ou blanc. Excellent ou mauvais. Brillant ou raté. Un monochrome intriguant.

Le noir lui va si bien
Commençons par le style graphique très particulier de ce jeu qui l’est tout autant. Ceux qui ont vu Sin City et les films noir que tout cinéphile doit connaître ne seront pas totalement dépaysé par ce choix esthétique. En effet, le jeu ne propose que du noir profond et du blanc éclatant. Le rendu est excellent, la mise en scène est réfléchie et l’ambiance est surprenante. L’introduction est génial en plus de ça ! Un survival-horror qui ose autant c’est respectable. Avec le soutien du CNC en plus, putain le salaud. L’ensemble peut paraître simpliste et c’est en fait le cas, mais inutile de donner trop de détails qui pourrait trop charger l’image. Les personnes allergiques au noir et blanc passeront leur chemin. Pour ma part, je suis conquis.

Une ambiance lourde et oppressante
La première demi-heure est glauque et la suite sera encore pire. Vous me direz, visiter une maison en pleine nuit c’est pas ce qu’il y a de plus original et c’est tout à fait normal de penser ça. Et c’est justement ça que recherche le jeu. Il fera des clins d’œil à Hitchcock sans s’en cacher et nous offrira tous les clichés des films noirs. Comme un best of du genre dans une aventure videoludique. La pluie fait un boucan d’enfer et l’orage n’en finit plus, l’ambiance est lourde servie par un mixage sonore de qualité. Nos pas font craquer le parquet, le moindre bruit est suspect, la musique sait disparaître et réapparaître sans que l’on s’en aperçoive. Clou du spectacle, des journaux et autres notes dispersées dans toute la maison vont donner du corps à une histoire passionnante.

C’est écrit noir sur blanc
Quelles peuvent être ces lectures? Un journal, un carnet intime ensanglanté ou encore des notes seront à lire avec plaisir dans cette aventure. Bien écrit et reprenant parfaitement l’ambiance de l’époque, l’immersion est totale dans les années trente. On se questionne beaucoup face à ces documents et on aimerait surtout connaître toute l’histoire. La voix off de notre personnage est aussi excellente, le ton est bon, pas de sur-jeu. Du très bon boulot.

Du noir dans tout ce blanc
Passons maintenant aux sujets qui cassent l’ambiance. Le coup de feu au milieu de toute cette perfection. Un titre de musette au milieu d’un concert de métal. La touffe de cheveux dans la soupe. Ils sont plusieurs : les spectres, la caméra, le système de sauvegarde et les amulettes. Prenez les quatre, mélangez les et vous obtenez des défauts tenaces et difficiles, malheureusement, à ignorer. On va y consacrer un paragraphe pour concentrer toutes ces tares.

Le guide du paumé aux allumettes
Pour y voir dans tout ce merdier notre personnage va avoir besoin d’allumettes. On les craque pour voir se déplacer dans l’obscurité, allumer des chandeliers qui reste allumé 20 secondes et trouver des objets qui peuvent nous être utile. Sur le papier, l’idée est bonne. En pratique aussi, sauf que nous sommes limité à douze allumettes. Sachant, en plus, qu’il peut y avoir des allumettes qui foirent. Oui, c’est réaliste mais on se retrouve plus à chercher ses frotteuses que des indices. Les utiliser ne protège pas des spectres qui rôdent. Avec eux c’est le couperet, le game over dans les dents sans broncher, la mort immédiate sans te demander ton avis. Il est là sûrement le plus gros problème de ce jeu. Les éviter devient un art. On se transforme alors en ninja de la nuit pour les evi… Encore raté. Comment y arriver ? Au petit bonheur la chance. S’y reprendre cinq, dix ou vingt fois ne sera pas rare. C’est tellement dommage. C’est rageant de voir que ça gâche l’ambiance et le plaisir de jeu. Défaut amplifié par des angles de caméra trompeurs et pas toujours bien pensés. Le meilleur exemple et le suivant : un spectre vous court après, vous courez aussi. L’angle de caméra change et vous vous retrouvez à courir en direction du spectre. Un game over de plus et retour au point de sauvegarde. Pas de sauvegarde automatique ici. Ils sont représentés par des fauteuils éclairés qui sont pas super bien répartis. J’ai obtenu le succès « Vous avez marché 10km sur Xbox One », tu m’étonnes !

Que penser de ce jeu ? Telle est la question ! Les quatres défauts cités précédemment sont assez violents pour en refroidir plus d’un et je suis le premier à le comprendre. D’un autre côté, j’ai persévéré et j’ai découvert une histoire excellente. Cela va donc dépendre de votre niveau de motivation. Ma note final représente un avis quand même positif face à tout le travail graphique et narratif abattu.
BON

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