Train Simulator 2020

INFO
2019 – PC
Genre – Simulation
Joueur – Solo
Développeur – Dovetail Games
Editeur – Dovetail Games
PEGI 3

Droit de retrait

Un beau jour d’automne, j’ai reçu une proposition de test. Train Simulator s’offre alors à moi. Chouette, un simulator ! Ces jeux vidéo sont réputés pour leur univers colorés et fun ! Non ? Z’êtes surs ?!
Le titre du jeu ne laissant aucun suspens, rentrons illico dans le vif du sujet. Aujourd’hui on ne fait pas grève et on va faire tchou-tchou (ou pas) avec nos grosses loco. Enfin, ça c’est si vous arrivez à pomper un peu les mécaniques du jeu. Vous pouvez tout à fait vous rendre à l’Academie afin d’apprendre tout ce qu’il faut savoir avant de vous lancer dans cette vie effrénée de cheminot mais vous pouvez aussi vous lancer directement dans le métier, sans jamais avoir suivi le moindre tutoriel même si ce n’est évidemment pas conseillé. C’est là que le jeu nous prend vraiment pour des glands. Je m’explique.

Les joueurs les plus aguerris ne seront peut-être pas perdus mais justement, un jeu vidéo, même si son gameplay est complexe et sa difficulté élevée, doit pouvoir séduire le plus grand nombre. Pour cela, il faut accompagner le plus clairement possible le joueur dans ses premières heures de jeu. Ici, on se sent comme dans une formation Pôle Emploi un lundi matin après un week-end de bourre. Des panneaux fixes défilent pour nous expliquer les rudiments de la conduite. Prenez vos cahiers les enfants, ça va être long et chiant, difficile de faire plus austère que ça. Au moins c’est lisible me direz-vous. Ne vous habituez pas, ça va pas durer.
Ça y est, la formation est enfin terminée, passons donc aux choses sérieuses avec le mode Conduite. Le franglish et les mots écrits les uns sur les autres dans les menus se sont invités dans la partie, plus on est de fous, plus on rit.
Sauf que là moi, j’ai pas vraiment envie de rire avec ce jeu. Passons sur le fait que les joueurs novices sont vulgairement laissés sur le bas-côté, comme si Dovetail games n’avait absolument pas besoin de vendre son jeu et pouvait se contenter du public ultra niché que vise le jeu pour nous concentrer sur autre chose.
Dovetail, en plus de nous prendre pour des glands donc, nous prend pour des vaches à lait. Le jeu vaut 29€99 sur l’ami Steam. Je vous l’accorde, on est en dessous des prix d’un AAA des familles qui eux, tournent autour des 60 ou 70 euros. Non, Dovetail est bien plus vicieux que ça. Si vous voulez vous plongez dans ce jeu et vivre votre kiff à fond, vous allez forcément envie d’agrandir votre garage de locomotives.

Elles. Sont. Toutes. En. DLC.

Si les moins chères valent (tout de même) 3.99€ (4 sur 279), les prix s’envolent pour monter jusqu’à 29.99€ pour une loco à vapeur américaine. Si vous souhaitez un nouvel itinéraire c’est pareil, il vous faudra aussi dégainer la carte bancaire (et à ce niveau-là, j’espère vraiment que votre banquier est sympa). Cette fois les moins cher sont à 6.99€ (2 sur 136) et les plus cher… 34.99€. Plus cher que le jeu donc. Comme si ça ne suffisait pas, il y aussi un marketplace qui vous vend quelques chose ressemblant de loin à des scénarios, 219 au total. Tout compris on est donc à 634 DLC. Je me suis amusée à calculer le prix total pour quelqu’un souhaitant faire le jeu à 100%. Et pour parapher nombre de site internet « Vous n’allez pas en revenir ! »

Qu’on ne me sorte pas l’excuse du « Oui mais les joueurs sont libres de faire leur propre expérience à la carte. » C’est faux, c’est un gros mensonge et vos parents ont déjà dû vous dire que c’était pas très joli de mentir. Là, cher pas ami de Dovetail, vous vous moquez des joueurs, ceux-là même qui vous permettent de vivre de votre métier, ceux-là même qui devraient être au centre de vos préoccupations. Même si le jeu était bon, ce qui est loin d’être le cas, ce ne serait pas pardonnable. Là, en plus de se faire enfler copieux Train Simulator 2020 (DEUX MILLE VINGT LES GARS) se pare de graphismes indigne d’une configuration PC bas de gamme de 2008. Les textures sont grossières, étalées à la truelle. L’ambiance sonore est vide. Voilà j’ai mis le doigt dessus : vide. Tout le jeu est vide. Je n’ai pas envie de retenir quoi que ce soit de ce jeu mais au-delà de mes envies et attentes qui me sont propres, je me pose une question. Y-a-t-il quelque chose à retenir concrètement ?

On peut effectivement retenir qu’en 2019 et après plus de 10 ans de licence, il est encore possible de proposer un jeu traduit dans notre langue mais avec une disposition clavier qui fait le yo-yo entre AZERTY et QWERTY. L’art de l’intuitif et du pratique est en route.
On peut aussi retenir qu’il faut un compte en banque particulièrement bien rempli pour profiter pleinement de ce jeu. Son prix total se cache quelque part dans ce test !

Vous l’aurez compris, ce jeu m’a profondément énervée. J’aime les jeux vidéo, j’aime cette grande communauté gaming et j’aime la défendre. Je veux bien concevoir et admettre que ce jeu, cette licence s’adresse à des passionnés du rail, à des joueurs avertis, mais quand je vois à quel point un studio se permet de prendre les gens pour des gros billets ambulants, je suis en droit de râler. Encore plus quand le jeu est mauvais, malgré son apparente complexité (qui n’existe uniquement parce que rien n’est clair.)
Pour terminer ce pamphlet, je voudrais simplement souligner que Dovetail Games a été créé par Paul Jackson, ancien vice-président d’Electronic Arts. Je dis ça, je dis rien.

Ô rage ! ô désespoir ! ô viellesse ennemie !
N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?

8400,54 euros/20

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