Phoenix Wright : Ace Attorney Trilogy

INFO
2019 – PS4/ONE/SWITCH/PC
2014 – 3DS
Genre – Enquête/Aventure
Joueur – Solo
Développeur – Capcom
Éditeur – Capcom
PEGI 12
Testé sur PS4

Ma tenue est impeccable. Pas un pli. Pas une poussière. Tout est parfaitement tiré à 4 épingles. C’est le seul moment où je me sens obligé de maintenir ma chemise dans mon caleçon. Moquez-vous ! Essayez de vous mettre accroupi sans montrer la gouttière. Mes grosses paluches sont recouvertes de corne à force de frapper ce comptoir. Il faut taper encore plus fort. Ça intimide. Maintenant les vocalises. J’inspire et envoie un « hold it » qui te fissure un mur. J’expire. J’inspire. « Objection! » me brise les dernières fenêtres qui me reste. Les cheveux, où est ma bombe de laque ?

Pierre, feuille, objection
Notre avocat le plus connu du jeu vidéo est de retour dans une compilation des trois premiers jeux. Ça donne donc 14 affaires à résoudre. Le déroulement de chaque enquête suivra à peu près toujours le même schéma : lieu du crime, interrogations, investigations, déplacements… C’est complet et mener l’enquête dans l’ordre que l’on veut et à notre vitesse est tout à fait possible. Petite nouveauté, dès qu’une question a été posé où un élément examiné, il sera coché. Idéal pour ceux qui ont la mémoire courte et ne veulent pas demander 5 fois qui veut du poulet.

Une écriture rapide et efficace
Ces jeux vont droit à l’essentiel jusqu’aux dialogues. Les personnages croisés sont tous très différents avec un point commun capital pour l’ambiance du jeu : un humour omniprésent. Des rencontres marquantes dans tous les sens du terme. Chaque mot comptera et ce sera la clef du succès le jour du procès. Anecdote intéressante : le premier jeu a été créé en 6 mois. Un état d’urgence salutaire pour le rythme du jeu, devenant avec le temps sa marque de fabrique. Un minimalisme qui va jusqu’à l’épuration de l’interface. L’ensemble est par conséquent extrêmement fluide dans son déroulement. Quand lorsque tout à coup, le jour du procès arrive. Bordel de merde c’est mon moment préféré ! L’apothéose ! Le marteau qui frappe, les témoins qui transpirent, les punchlines par centaines. C’est trop bon.

Le bon, la brute et l’orateur
C’est là qu’il faut se concentrer et envoyer du lourd pour défendre son client. Croiser les informations, trouver les paradoxes, les contradictions et le bon moment pour illustrer son choix par une preuve est jouissif. C’est rapide et une fois de plus très bien écrit. On garde le sourire en coin grâce à l’humour mais cette goutte de transpiration qui tombe de mon front trahi aussi une certaine tension. La situation peut vite se retourner et le juge sera le premier à vous l’envoyer dans les ratiches. Heureusement, cette version propose une sauvegarde plus rapide et plus précise de la progression et une barre de vérité. Cette dernière va faire office de barre de vie et elle diminuera à chacun de nos faux pas. Je me demande si ce n’est pas encore plus stressant de l’avoir. Cela dit, c’est tendu et passionnant de bout en bout et j’adore ça.

Se renseigner avant de gueuler
Beaucoup de personnes reprochent au jeu d’être en anglais. Ce ne sera plus le cas cet été avec une mise à jour gratuite qui va offrir la version française. Une version qui va puer la marinière et la baguette trop cuite. Alors, toi qui parles anglais comme une vache espagnole dans un train Suisse en direction de l’Allemagne, te voilà rassuré. Français is coming.

Et les graphismes ?
Cette série s’axe sur des images fixes et des personnages qui ont quelques expressions. Les dessins sont très agréables à l’œil et accusent un style très particulier : on sait que l’on joue à Ace Attorney et le travail de Tatsuro Iwamoto sur la direction artistique est remarquable. Du côté voix, c’est… Il n’y en a pas. En dehors des « objection! » et « hold it », vous n’entendrez que la musique. Cette dernière est assurée en majeure partie par Noriyuki Iwadare (surtout connu pour son travail sur la licence Grandia) et c’est un ravissement pour nos cages à miel.

Mon avis
Enfin jouer à Phoenix Wright : Ace Attorney le cul enfoncé dans son canapé est un luxe non négligeable. Le rythme est toujours aussi bon, les affaires passionnées et passionnantes et surtout aucun temps de chargement. Enfin, la version française arrive bientôt. Que demander de plus ?

Phoenix Wright : Ace Attorney Trilogy m’a donné la barre et tenu le crachoir comme on dévore un bon polar. Parfait pour ceux qui veulent découvrir ou redécouvrir le jeu de Shu Takumi.

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