Un soir de pleine lune, un micro USB a commencé à émettre des ondes aiguës qui faisaient fuir les chiens. On l’a enfermé dans un placard à balais, mais le lendemain, tous les objets autour de lui fredonnaient Dernière danse. On a compris que ce n’était pas une malédiction. C’était une nouvelle édition de Let’s Sing.
Plateformes : PS5, XBOX SERIES, SWITCH
Développeur :Voxler
Éditeur :Plaion
Sortie : 4 novembre 2025
Il y a deux types de soirées karaoké : celles où l’on pousse les meubles avec ferveur en se promettant que “juste une chanson” ne se transformera pas en battle d’egos hurlant Zombie à 3 h du matin, et celles où quelqu’un lance Let’s Sing en se disant que “c’est comme Guitar Hero, mais pour la voix”. Les deux se terminent de la même façon : extinctions de voix, amitiés renforcées (ou détruites), et une vidéo compromettante quelque part sur un cloud oublié.
Et Let’s Sing 2026, dans tout ça ? Eh bien… c’est toujours aussi efficace. Peut‑être un peu trop.
Dès le menu, on retrouve cette sensation familière : tout est fluide, sobre, prêt à accueillir n’importe quel participant (sauf ceux qui chantent juste, qui seront bien évidemment bannis par le groupe pour « excès de talent »). On choisit une chanson, on brandit son micro USB (ou pire : son smartphone transformé en micro via l’appli), et c’est parti. Le scoring est précis, les effets de foule sont là pour flatter l’ego, et le calibrage de la voix pardonne juste assez pour que tonton Bernard croie qu’il “gère du Céline Dion”.
Mais voilà : passé le premier set de chansons incluses (qui font le job, sans éclat), une vérité cruelle s’invite à la fête. Si on veut vraiment s’amuser, il faut passer à la caisse.
À chaque refrain, sa facture
Car Let’s Sing, c’est aujourd’hui un peu comme un buffet où l’entrée est gratuite, mais où chaque assiette supplémentaire coûte. On aime la variété française ? On sent vite que notre patrimoine musical est cantonné à un rôle de figurant. Quelques chansons françaises s’invitent (Bigflo & Oli, Angèle, Stromae, histoire de cocher les cases), mais on aurait aimé davantage de classiques hexagonaux.
Et pour prolonger l’expérience, des contenus supplémentaires payants sont presque indispensables pour avoir le choix et varier les soirées.
Une carrière en mode autopilote
Let’s Sing 2026 tente bien d’introduire un semblant de progression avec un « mode carrière Soundtown », où l’on débloque des zones et gagne des fans. Sur le papier, c’est séduisant. Dans les faits, c’est surtout une suite de défis déguisés, sans grande narration ni tension. Pas désagréable, mais pas inoubliable non plus. Un peu comme ces scènes post-génériques où l’on ne sait pas trop s’il fallait rester.
L’emballage, lui, ne bouge plus
Techniquement, c’est toujours propre, mais on sent que le moteur commence à dater. Les avatars sont rigides, les effets de scène minimalistes, et l’interface n’a pas bougé d’un iota depuis cinq éditions. On aurait aimé des mini-jeux, une gestion de groupe, ou même un algo qui propose des chansons en fonction de votre tessiture et de vos drames sentimentaux récents. Mais non : Let’s Sing 2026, c’est le même squelette, repeint en fluo, qui vous fait chanter Shivers d’Ed Sheeran comme en 2023, mais en payant le double.
MON AVIS
À force de se reposer sur sa formule, Let’s Sing finit par ressembler à ce pote qu’on adore… mais qui raconte toujours les mêmes blagues, au mot près. On rit encore, parfois, mais on commence à se demander ce qu’il ferait s’il se renouvelait vraiment. Et surtout, combien de chansons il lui reste avant de se faire remplacer par une IA qui connaît déjà tous vos goûts, vos gammes, et vos traumatismes liés à My Heart Will Go On.
BIEN
Points forts
- L’accessibilité toujours exemplaire
- La reconnaissance vocale efficace
- Un vrai plaisir immédiat entre amis
Points faibles
- Le catalogue français toujours aussi maigre
- Une monétisation de plus en plus agressive
- Un mode Carrière trop léger



