Death Stranding

INFO
2019 – PS4
Genre – Aventure
Joueur – Solo
Développeur – Kojima Productions
Éditeur – Sony
PEGI 18

C’est tellement bon de pisser un bon coup à l’air frais. Ça fait un demi-litre que j’attendais ça. Tant pis, j’en ferais des grenades plus tard. Putain je dois aller où déjà ? Je suis chargé comme une mule et comment je vais traverser cette rivière ? Ha ! Un autre porteur à poser une échelle. C’est cool. J’aime. V’la qu’il commence à pleuvoir maintenant. Journée de merde, vivement que je pieute avec un Monster Energie. Je m’appelle Sam Porter Bridges et j’ai un travail à terminer.

Ceci est une seconde introduction
Ce paragraphe va d’entrée de jeu prévenir les lecteurs de passage où ceux qui se demandent s’ils veulent se lancer dans l’aventure. Un seul maître mot, la patience. Le rythme de Death Stranding est extrêmement lent et il est impératif de le prendre en compte. On n’est pas là pour courir, tirer et sauter dans tous les sens en criant comme un taré qui vient de rater un headshot dans une lucarne pourtant aussi large que deux places de parking. Ici, on respire et on marche avec le bon point d’équilibre, il ne faudrait pas se récher puis perdre la marchandise. Death Stranding, c’est le deux de tension du jeu de la livraison. Ah on ne vous a pas dit ? Crotte de bique alors ! Mais c’est un jeu de livraison. Vous ne saviez pas ? Oui oui d’un point A à un point B avec des marchandises. Les quêtes FedEx que l’on reproche depuis des années dans les jeux en monde ouvert composent dans Death Stranding 90% du jeu. On résume ? Un jeu extrêmement lent, qui prend le temps de se raconter, où nous incarnons un livreur à pied (la plupart du temps) qui doit surveiller l’état de sa marchandise et de l’usure de ses chaussures. Le jeu ne va pas déployer ses ailes avant 20 bonnes heures et cette durée est suffisamment imposante pour abandonner 10 fois dans un cri de rage en balançant le skeud par la fenêtre avec des envies de Doom et autres Hotline Miami.

Note sur la seconde introduction
Il est pourtant impossible de résumer le jeu ainsi. La patience et la persévérance va nous mener à une histoire géniale, une myriade de personnages aux caractères bien différents, des scènes d’une intensités rares et des paysages incroyables. La patience nous mène aux interprétations de Léa Seydoux, Mads Mikkelsen ou encore Guillermo del Toro qui cabotine comme un étudiant en première année d’école de cinéma. Des acteurs qui se donnent à fond, amplifiant l’aspect cinématographique de l’œuvre. Il faut accepter d’en chier des ronds de chapeau par livraison de 25 pour réussir à extraire le nectar de Death Stranding.

Note sur le « j’aime » lu dans la première introduction
Bien au-delà de ce que j’ai pu présenter jusqu’à maintenant, le jeu va être parsemé de like. Quand après 3 bornes de marche on tombe sur un panneau d’encouragement laissé par un autre joueur, on va pousser l’effort. Quand on voit un pont qui nous facilite grandement la tâche, on va le liker. C’est une manière de s’entraider et de se soutenir les uns les autres. Tout est amour, tout est positif, pas de compétition et ça fait du bien. Main dans la main. Il est possible de laisser des panneaux d’encouragement à notre tour. De l’amour par camion entier.

Note sur « pleuvoir » dans l’introduction en vu d’une explication plus précise
Les zones de pluies ne sont jamais bonnes. Rien à voir avec la météo en elle même mais plutôt avec les « échoués ». Je ne vais pas rentrer dans les détails mais il va falloir être discret et faire quelques détours pour s’en sortir indemne. L’ambiance devient alors très lourde et oppressante. On scan le terrain pour encore mieux l’appréhender. On retient sa respiration et on sert les fesses comme un lendemain de Pâques…

Approfondissement de « j’en ferais des grenades plus tard » issue de l’introduction qui introduit ce test concernant le jeu vidéo Death Stranding sur PlayStation de quatrième génération.
Quand Sam est dans sa piaule personnelle, il peut faire des poses devant le miroir, boire du Monster Energie, regarder la carte pour planifier les livraisons ou encore faire ses besoins. Nous allons rapidement parler de ce dernier point qui est particulièrement original. L’urine et les selles sont convertis en grenades pour se défendre. Je vais une fois de plus m’arrêter là dans l’explication et si ça réveille votre curiosité, c’est que vous êtes prêt à accepter l’univers de Death Stranding.

Mon avis sur les graphismes commence au 3643ieme caractère
L’introduction nous frappe à la gueule. Les paysages nous fracassent au sol. Les effets de lumière et de gigantisme sont éblouissants. Le moteur graphique de Horizon Zero Dawn à encore de beaux jours devant lui. La performance capture des acteurs est excellente et les visages sont nettement supérieur à un Mass Effect Andromeda, ce n’est pas difficile en même temps. Je n’ai pas eu une seule chute de frame rate pendant mon test. C’est parfaitement fluide et les temps de chargement sont contenus. Le travail est exemplaire.

Un peu d’action dans votre tisane ?
Les mules sont rapides, nombreuses et armées. Ils sont en combinaison Orange et ils veulent vous prendre votre marchandise pour la revendre dans les Micromania. Heureusement, ils ne sont pas bien malins et les combats assez vite expédiés. Ses phases ne sont clairement pas le point fort du jeu même si c’est cool de pouvoir dire : « Je l’ai foutu au sol avec mes bolas ». L’ensemble reste quand même brouillon et on préfère finalement traverser les vastes paysages seule avec une BO d’excellentes qualité.

Retour sur un sujet qui fait couler beaucoup trop d’encre, surtout dans la presse non spécialisée
Il est incompréhensible de voir ceux qui ont à peine commencé le jeu se défouler dessus un peu partout en le traitant de simulateur de marche. On peut effectivement le voir comme ça. Mais pour dire qu’il y a trop de football dans un FIFA, personne ne va se soulever. Il est important de se renseigner un minimum sur la nature même de l’aventure. Si vous êtes encore en train de lire ce test, c’est que vous avez bien pris conscience de la lenteur et de l’esprit du jeu. Que vous êtes prévenus. On ne se lance pas dans un film de 3h30 en pensant dure comme fer qu’il dure 59 mins. On n’écrit pas un article pour défoncer le jeu et se venter de ne pas l’avoir terminé quand on est « journaliste » et donc payé pour donner un avis complet sur le jeu. Ils sont les premiers à demander des jeux qui innovent et osent quand ça arrive uriner dessus en y jouant à peine. Inutile de les citer, ça pourrait leur faire de la pub.

Mon avis
Je n’ai pas tout abordé dans ce test et tout citer ne mènerait à rien sinon un spoil involontaire. Pour être honnête, j’en ai chié. J’ai même voulu lâcher l’aventure à de nombreuses reprises mais j’ai tenu le coup. J’ai râlé devant mes échecs. J’ai exulté devant mes victoires et pleuré comme une merde à la fin. Un lot d’émotions qui ne sera pas servi sur un plateau en or. Ici, je n’ai rien eu sans effort. La persévérance m’a offert le vrai visage du message de Kojima et il était terriblement touchant. Je suis parti comme Sam, sans trop comprendre ce qui allait se passer et allait arriver. J’en suis sorti beaucoup plus fort.

Death Stranding est un jeu pour les persévérants et les patients. Il faut savoir s’accrocher pour se rendre compte du travail colossal fourni.
EXCEPTIONNEL

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