Citadel : Forged with Fire

INFO
2019 – PC/PS4/One
Genre – MMORPG
Joueur – Multi en ligne/Solo local
Développeur – Blue Isle Studios
Éditeur – Blue Isle Studios
PEGI 16

Vous savez quoi ? J’aime les MMO, j’ai longtemps joué à WoW. J’aime la complexité et j’aime en avoir pour mon argent. S’il y a bien un genre où je suis prête à pardonner les graphismes c’est bien dans un MMO. Citadel : Forged with Fire veut poser ses valises dans la maison de famille des MMO. Seul hic, on n’a pas de place pour lui.

Dans Citadel : Forged with Fire, on nous promet un « gigantesque jeu vidéo de rôle en ligne ». L’avantage c’est qu’il y a toujours de la place sur les serveurs mais est-ce vraiment parce que le jeu est gigantesque ? J’ai des doutes.
Au lancement, vous avez le choix : mode en ligne ou mode solo. J’ai choisi de débuter par le mode solo, toujours une bonne idée pour se familiariser avec l’univers.

22h
Le jeu commence par une création de personnage de type cubique sauce PS2 qui nous promet de beaux saignements de rétine. S’en suis une myriade de réglages qui n’en sont pas. On peut paramétrer le pourcentage de cheat du jeu « Oh tiens, je vais diminuer les dégâts » suivi d’un « Oh chouette alors on peut se PL tout seul, let’s do this ! ». Je commence à bondir sur mon siège mais je me souviens des exercices de respiration et tente de me calmer. J’espère secrètement que les graphismes du mode solo rattraperont l’horreur que j’ai aperçu plus tôt. Oui je sais, j’ai dit que j’étais sympa avec les graphismes des MMO, mais faut pas pousser mémé dans les orties non plus.
Horreur, malheur ! Le jeu ne se contente pas seulement d’être laid comme un pou, ce serait trop facile. Il se permet d’avoir des animations à la ramasse, du framerate, des freezes, des aberrations… C’est festival, et c’est pas le festival le plus glamour qui soit. Bon aller, je vais m’y faire et passer outre, tentons d’aller plus loin dans la découverte.

22h10
J’ai trouvé de quoi essuyer mes larmes de douleur pour passer à la suite. Le tuto se présente sous forme de quête FedEx, on va aller chercher du bois pour commencer. Alors attention jeunes gens, là vous vous trouver au château, dans une bubulle de protection. Mais la forêt est peuplée de créatures de type gruik gruik, j’ai nommé les sangliers. Et vu comme les sangliers viennent vous poutrer pépouze, moi je vous le dis, il va falloir le mériter votre bois.

22h15
J’en ai déjà marre mais je force le destin. Qui sait, une bonne surprise m’attends peut-être un peu plus loin, tel l’apéro qui attends ses glaçons. Oui, j’ai de l’espoir. Blue Isle Studios n’est pas un ponte du milieu et n’a pas des jeux inoubliables à son actif mais je reste optimiste.
Ayé, j’ai mon bois. Jacqueline FedEx me fabrique ma première hache. Je me sens comme Charles Ingalls, le chapeau en moins. Justement en parlant de chapeau…

22h20
« Ah tiens, t’as commencé une partie toi aussi ? T’as choisi de faire un mec ? » Moi, j’ai choisi une femme. Habituellement, je suis plutôt friande des bons gros barbares qui ont oublié d’avoir un cerveau mais là, j’ai voulu sortir de ma zone de confort vidéoludique. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque j’ai découvert que si ma Toncul* avait débuté son périple en slip, le Jean Jacques muni d’un pénis avait entamé son expérience… habillé ! C’est un détail me direz-vous, mais ça me les brise assez fort. Quel est l’intérêt ?
*Oui, mes personnages ont toujours des noms faciles à porter.

22h25
« Bordel mais continue le jeu un peu, après il parait que tu peux voler » D’instinct, j’ai eu envie de dire que je n’en avais strictement rien à carrer, que les combats en l’air c’était pas innovant, que les voyages rapides non plus et que bon, les « compétitions sportives sur balai » ça s’appelle de Quidditch et c’est pas dans Citadel que ça se passe. Décidément, ce jeu commence à me taper un peu sur le système.

22h40
Bonne poire, je continue ma partie. Mme FedEx m’envoie chercher des trucs que je sais même pas à quoi ça ressemble. Tant pis, on va looter comme un tocard, on finira bien par trouver. Heureusement que ma hache me permet de rendre la monnaie de leur pièce à ces sangliers qui ont voulu me bouffer tout à l’heure. Je me promène et tombe, sans même avoir de transition dans une région niveau 25-30. On notera l’effort dans la constitution de la map, on notera la cohésion, la cohérence et l’harmonie. D’ailleurs la map est aux abonnées absente, on se démerde sans. Heureusement que j’ai ma bite et mon couteau comme dirait McGyver. Demi-tour, je reviens en bas de mon château de départ. A noter qu’il y a trois châteaux possibles au départ et qu’on choisit celui dans lequel on veut débuter. Quand vous respawn, vous pouvez changer de château. Mais c’est con puisque votre quête à rendre est ailleurs du coup. De l’art de remplir avec de l’inutile par Blue Isle Studios.

22h42
Bordel mais c’est quoi ces lasers qui me démontent là ? Cours Toncul, cours ! Fous toi à l’abris ! Putain mais elle court aussi vite que Jean Pierre Pernault en escarpins ! COMMENT CA JE SUIS MORTE ?
Je me suis fait niquer par une fée qui a des lasers et qui tire à vue ? Mais bordel, qui a pensé ce jeu ? Qui a fourni la drogue ? Qui aurait mieux fait d’écouter sa maman et de devenir comptable ? Quand on conçoit un jeu, on pense progressivité, on pense au joueur, on veut lui donner envie de rentrer dans l’univers qu’on a créé. Là, j’ai juste envie de poser ma manette en boudant. Mais comme je suis vraiment sympa, je vais tester la partie meuporg.

22h43
Il faut refaire un personnage. J’ai la flemme et j’ai plus de Coca. Michel ressemblera donc à tous les personnages des joueurs qui ont la flemme.
Tiens, c’est exactement le même début qu’en solo. Tiens, c’est encore plus moche. Tiens, la même quête FedEx. Tiens, j’ai plus envie là. Tiens, la manette.

22h45
Je suis en train de réinstaller World of Warcraft. Il me semble qu’après une purge comme Citadel : Forged with Fire, j’en ai bien besoin.

22h50
Bilan de cette soirée : Citadel : Forged with Fire est un jeu ambitieux comme pourrait l’être un chihuahua qui veut se farcir un pitbull. Les idées ne vont pas plus loin que le bout de la feuille de papier WC sur lesquelles elles sont inscrites. Le gameplay est rigide, les graphismes sont d’un autre temps, la création de personnage est anecdotique, l’histoire n’en est pas une et le côté « mais viendez c’est un sandbox » n’a l’air d’exister uniquement que pour camoufler bien d’autres défaut. Je vous parle même pas des hitbox qui vont passer leur temps à vous troller.

Pour 35 euros achetez vous plutôt 35 pains au chocolat. Vous aurez mal au bide mais c’est toujours mieux que d’avoir mal ailleurs.
JEAN PIERRE COFFE/20

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