Il y a des jeux qui arrivent comme un concert annoncé à grand renfort d’affiches criardes, avec des flammes dessinées au marqueur et des promesses de décibels capables de réveiller les morts. On s’imagine déjà au premier rang, oreilles qui sifflent, cœur qui cogne, prêt à encaisser le chaos. Et puis le rideau s’ouvre, les premières notes tombent… et tout est là, oui, mais quelque chose manque. Pas l’énergie, non. Pas l’envie. Juste… l’étincelle qui transforme le bruit en souvenir.
Devil Jam, c’est un peu ce concert-là. Celui où tout est en place, mais où le morceau refuse obstinément de décoller.
Un roguelite d’action où l’on affronte des vagues de démons dans des arènes fermées, en enchaînant les runs pour améliorer son arsenal. On tire, on esquive, on survit, et on recommence.
Les premières minutes font illusion, et même mieux que ça. Le jeu accroche rapidement, avec un rythme nerveux, une lisibilité correcte et une ambiance métal/enfer qui fonctionne sans trop forcer. Les ennemis arrivent en masse, les effets visuels font le travail, et l’ensemble dégage une énergie assez communicative pour donner envie d’y revenir immédiatement.
- PLATEFORMES : PC (Steam)
- DÉVELOPPEUR : Rogueside
- ÉDITEUR : Rogueside
- DATE DE SORTIE : 3 novembre 2025
Un début accrocheur, presque addictif… celui qui donne envie d’enchaîner les runs sans réfléchir.
Sur des sessions courtes, Devil Jam est dans son élément. Il comprend parfaitement le plaisir immédiat du genre : entrer dans l’arène, tenir quelques minutes de plus, grappiller des améliorations, et recommencer avec cette impression d’avoir légèrement progressé. C’est fluide, accessible, et suffisamment généreux pour accrocher.
Mais passé ce premier contact, le vernis commence à se fissurer. Les runs finissent par se ressembler, les builds manquent de personnalité, et les améliorations donnent souvent l’impression de modifier des chiffres plus que de transformer réellement la manière de jouer.
Une boucle efficace… mais qui tourne trop vite en rond.
Le jeu ne s’effondre jamais, mais il ne décolle pas non plus. Il reste coincé dans un entre-deux : trop simple pour devenir stratégique, pas assez fou pour devenir mémorable. On continue de jouer, presque par réflexe, sans cette petite curiosité qui pousse à voir “ce qu’il y a après”.
Et forcément, difficile de ne pas penser au studio derrière. On parle ici de Rogueside, déjà responsables de Guns, Gore & Cannoli et de sa suite. Deux jeux bien plus marqués, plus précis, avec un vrai sens du rythme et du plaisir immédiat. En comparaison, Devil Jam donne l’impression d’un projet plus modeste, presque timide, comme s’il n’osait jamais aller au bout de ses idées.
Alors non, ce n’est pas un raté. C’est même un jeu honnête, parfois agréable, souvent efficace sur de courtes sessions. Mais c’est aussi un jeu qui s’oublie vite, faute d’avoir trouvé ce petit supplément d’âme qui fait la différence.
MON AVIS
Au final, Devil Jam ressemble à ces morceaux qu’on écoute en fond pendant qu’on fait autre chose. On ne les déteste pas, ils accompagnent bien le moment… mais une fois terminés, on serait bien incapable de les fredonner. Et venant d’un studio qui a déjà signé des refrains bien plus marquants, ça laisse un léger goût d’inachevé.
TRÈS MOYEN
Points forts
- Une ambiance métal/enfer qui fonctionne bien
- Gameplay immédiat, fluide et accessible
- Idéal pour des sessions rapides
Points faibles
- Répétitivité qui s’installe rapidement
- Builds et progression peu marquants
- Manque de folie et de personnalité sur la durée





