Il y a des matins où l’on se réveille avec une idée étrange coincée dans la tête. Pas une idée utile, non. Plutôt le genre d’intuition qui ferait hausser un sourcil à un pigeon lui-même. Par exemple : “Et si, aujourd’hui, je devenais un oiseau ?”
Pas pour fuir ses responsabilités, non. Juste pour voir. Pour comprendre ce que ça fait, de regarder le monde depuis un fil électrique, d’écouter le vent comme une conversation privée, et de considérer les miettes de pain comme un festin philosophique.
Un jeu en 2D narratif et contemplatif où l’on incarne un humain amoureux qui tente littéralement de devenir un oiseau, en explorant, en interagissant avec son environnement et en répétant des actions absurdes qui prennent peu à peu un sens émotionnel.
Et surtout, une adaptation d’un livre pour enfants. Ce qui pourrait faire lever un sourcil sceptique… mais qui, ici, devient une force tranquille.
Parce que le jeu n’essaie jamais de “durcir” son propos pour plaire aux adultes. Il conserve cette logique enfantine, ce regard simple mais radical : aimer quelqu’un peut suffire à vouloir changer de forme, de monde, de règles.
Sur PS5, le jeu garde cette pureté intacte, comme si on feuilletait un album jeunesse… sauf qu’on a grandi entre-temps, et que certaines pages font un peu plus mal qu’avant.
- PLATEFORMES : PC (Steam), SWITCH, PS5
- DÉVELOPPEUR : Hyper Luminal Games
- ÉDITEUR : Numskull Games
- DATE DE SORTIE : 16 avril 2026
Ce qui frappe immédiatement, c’est la douceur du geste. Tout est feutré, délicat, comme si le jeu craignait de se briser lui-même en parlant trop fort. On avance, on observe, on picore le monde avec curiosité. Et très vite, sans vraiment s’en rendre compte, on adhère à cette logique étrange : oui, devenir un oiseau est peut-être la chose la plus sensée à faire.
Et c’est là que l’origine “livre pour enfants” devient essentielle. Parce que le jeu adopte cette manière unique de raconter : sans cynisme, sans second degré appuyé, sans explication lourde. Il montre. Il laisse ressentir. Il fait confiance.
Comme ces histoires qu’on lisait plus jeune, et qui semblaient simples… jusqu’à ce qu’on les relise des années plus tard.
Visuellement, cette filiation est évidente. Les dessins évoquent directement l’illustration jeunesse : des formes simples, des couleurs douces, une expressivité presque naïve… mais jamais creuse.
Chaque écran ressemble à une page qu’on aurait tournée un peu trop vite, et qu’on regrette presque de quitter. La PS5, évidemment, pourrait faire tourner mille fois plus spectaculaire. Mais ici, elle devient presque invisible. Et c’est parfait : elle laisse toute la place à l’émotion brute.
Ce qui rend Le jour où je suis devenu un oiseau si précieux, c’est son regard sur l’amour… vu à hauteur d’enfant.
Pas l’amour codifié, expliqué, analysé.
Un amour instinctif. Total. Un peu irrationnel. Celui qui pousse à faire des choses absurdes sans même se poser la question du “pourquoi”. Et c’est peut-être ça, le cœur du jeu : rappeler que certaines émotions ne demandent pas à être comprises. Juste vécues.
Il y a quelque chose de rare ici. Un jeu qui accepte d’être simple sans être simpliste. Qui assume son héritage jeunesse sans jamais infantiliser.
Un jeu qui ne cherche pas à impressionner… mais à toucher juste. Et il touche.
MON AVIS
En refermant Le jour où je suis devenu un oiseau, on a presque envie de retrouver le livre.
PARFAIT
Points forts
- Une adaptation fidèle qui conserve toute la poésie du livre original
- Une direction artistique inspirée de l’illustration jeunesse, douce et marquante
- Une sincérité émotionnelle rare, sans cynisme ni filtre
Points faibles
- Une durée de vie très courte, presque comme un album qu’on referme trop vite





