Backpack Boy

Dans la grande famille des héros de jeux vidéo, certains arrivent avec une épée légendaire, d’autres avec un fusil à pompe et quelques-uns ont probablement tué Dieu avant le petit-déjeuner.

Backpack Boy a une lampe torche.

Et contre toute attente, c’est largement suffisant.

Développé par Chuck et Niles Games, Backpack Boy est un puzzle-platformer 2D dans lequel la lumière permet de faire apparaître le passé afin de modifier l’environnement et résoudre des énigmes. Sorti sur PC le 10 août 2026, il propose une aventure courte qui préfère exploiter une excellente mécanique plutôt que d’en empiler quinze pour faire joli sur la boîte.

- PLATEFORMES : PC (Steam)

- DÉVELOPPEUR : Chuck, Niles Gamese

- ÉDITEUR : Chuck, Niles Games

- DATE DE SORTIE : 10 août 2026

Une lampe qui éclaire surtout les neurones

Notre petit randonneur découvre une installation abandonnée et, surtout, une lampe de poche légèrement plus intéressante que celle achetée au rayon bricolage de Carrefour.

Son faisceau révèle une ancienne version du décor.

Un passage détruit dans le présent peut encore exister dans le passé. Un élément inaccessible peut réapparaître sous la lumière. Il faut donc courir, sauter, grimper, déplacer des objets et surtout orienter correctement la lampe pour créer temporairement le chemin permettant de progresser.

C’est simple à comprendre et suffisamment malléable pour fabriquer de vraies énigmes.

Backpack Boy introduit ensuite les lanternes, capables d’étendre cette idée en créant des ouvertures entre les deux états du monde. Le jeu ne change donc pas de mécanique toutes les douze minutes. Il préfère prendre son idée de départ, la retourner dans tous les sens et voir jusqu’où elle peut aller.

Et c’est précisément ce qui fait son charme.

Les déplacements n’ont rien de révolutionnaire. On reste dans du platformer 2D très classique, avec des sauts, des objets à transporter et quelques acrobaties.

La vraie vedette de Backpack Boy, ce sont ses niveaux.

Les salles sont construites comme de petits problèmes logiques. On observe d’abord le présent, on braque la lampe sur différents éléments, puis le cerveau commence doucement à faire ses branchements électriques.

Le plaisir vient régulièrement de ce petit moment où une solution qui semblait absurde deux secondes plus tôt devient soudain parfaitement évidente.

La difficulté reste raisonnable et le jeu possède même une excellente soupape : une salle peut être passée depuis le menu pause lorsqu’elle bloque vraiment. Les amateurs de souffrance pourront donc continuer à fixer leur écran jusqu’à fusionner avec leur chaise, tandis que les autres poursuivront tranquillement l’aventure.

Le pixel art fait le boulot, pas le paon

Visuellement, Backpack Boy reste modeste.

Son pixel art est mignon, lisible et efficace, mais personne ne va probablement encadrer une capture d’écran au-dessus de la cheminée.

Ce dépouillement possède toutefois un avantage essentiel : les éléments importants des énigmes restent immédiatement identifiables. Dans un jeu où deux versions d’un même environnement peuvent se mélanger sous un faisceau lumineux, c’était autrement plus important que d’ajouter seize couches de particules et un brouillard volumétrique qui mange 11 Go de VRAM.

L’ambiance gagne également en étrangeté au fil de l’exploration. Derrière son petit personnage adorable se cache une installation abandonnée, son histoire et quelque chose qui attend manifestement au fond.

Parce qu’un bâtiment mystérieux abandonné dans un jeu vidéo n’a évidemment jamais contenu un placard à balais et trois factures EDF.

Backpack Boy demande environ 2 h 30 pour atteindre sa véritable fin, selon un test ayant terminé cette route. Ce n’est pas beaucoup, mais la durée correspond parfaitement à sa structure.

Le jeu expose sa mécanique, la développe, la complique puis s’arrête.

Pas de remplissage. Pas de niveau dans les égouts uniquement parce que tout jeu vidéo possède contractuellement un niveau dans les égouts.

Ceux qui calculent la valeur d’un jeu en divisant son prix par son nombre d’heures pourront évidemment froncer les sourcils. Les autres auront surtout une aventure suffisamment courte pour ne jamais épuiser son idée.

Backpack Boy possède également une origine sympathique : le projet est né lors du Big Mode Game Jam 2023.

Cette première version existe d’ailleurs toujours sur itch.io. Chuck et Niles ont ensuite repris le prototype, ajouté de nouveaux niveaux et de nouvelles mécaniques et passé plus de deux ans et demi à le développer, le polir et le remanier avant sa sortie commerciale en août 2026.

Et cela se ressent dans sa philosophie.

Backpack Boy conserve un parfum de petit jeu de Game Jam construit autour d’une seule très bonne idée, mais avec suffisamment de travail derrière pour que cette idée tienne désormais toute une aventure.

MON AVIS

Backpack Boy ne possède ni une réalisation spectaculaire ni une montagne de contenu. En revanche, sa mécanique permettant d’utiliser la lumière pour passer du présent au passé donne naissance à des énigmes intelligentes et constamment lisibles.

Il sait surtout quand s’arrêter.

Une bonne mécanique, quelques heures de casse-tête et aucun kilo de gras autour : parfois, le sac à dos léger reste la meilleure option.

TRÉS BON

Points forts

  • Une excellente mécanique autour du présent et du passé
  • Des énigmes courtes mais intelligemment construites
  • Une durée parfaitement adaptée au concept

Points faibles

  • Un platforming assez basique
  • Une réalisation visuelle très simple
  • Addictif

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