Finding Polka

Il existe des jeux qui mobilisent 800 personnes, quatre studios, une ferme de serveurs et probablement un type payé à modéliser l’humidité des oreilles. Finding Polka, lui, arrive avec un stylo-bille, un chien disparu et l’air de ne pas vouloir déranger. Mauvaise nouvelle pour les mastodontes : ça suffit largement.

Développé par lidlocks et édité par PARCO GAMES, Finding Polka est une petite aventure solo sortie sur PC le 11 août 2026. On y incarne Frendy, lancée à la recherche de Polka, le chien de son enfance, après avoir cru l’apercevoir au détour d’une rue.

Et pendant environ trois heures, le jeu transforme cette idée microscopique en promenade particulièrement attachante.

- PLATEFORMES : PC (Steam)

- DÉVELOPPEUR : lidlocks

- ÉDITEUR : PARCO GAMES

- DATE DE SORTIE : 11 août 2026

Fouiller plutôt que courir après une flèche jaune

Finding Polka ne parle pas.

Pas de dialogues, pas de pavés de texte, pas de PNJ chargé de réciter sa biographie avant de demander trois champignons. Tout passe par l’image, les gestes et les bruitages.

Le principe consiste surtout à explorer de petits environnements très denses, observer ce qui s’y passe et comprendre comment déclencher la prochaine interaction. Un personnage veut quelque chose, un objet semble suspect, un détail attire l’œil : on gratte, on teste, on regarde ailleurs.

Le jeu ressemble parfois à un énorme livre-jeu dans lequel quelqu’un aurait oublié de coller les pages.

La progression reste volontairement simple. Quelques mini-jeux viennent casser la balade : golf miniature, tirs au but, tape-taupe, course de bateaux et autres activités parfaitement dispensables mais suffisamment amusantes pour qu’on ait envie de s’y arrêter.

Finding Polka récompense surtout la curiosité. Pas avec une armure légendaire +8 contre les moustiques, mais avec une animation idiote, un personnage caché ou une petite scène qui n’existait que pour être découverte.

Des énigmes légères, parfois un peu trop

Il ne faut pas venir chercher ici un monument du casse-tête.

Les énigmes sont simples et reposent davantage sur l’observation que sur la logique pure. La plupart du temps, cela fonctionne parfaitement avec le rythme du jeu.

Parfois, en revanche, Finding Polka devient légèrement moins limpide.

Une interaction peut passer sous le radar, un objectif manquer d’évidence et cinq minutes plus tard on se retrouve à refaire le tour du décor en se demandant quel machin ridicule a été oublié derrière une poubelle.

Quelques tâches ressemblent également à de petits allers-retours façon quête FedEx miniature.

Rien de dramatique. Le jeu est trop court et trop léger pour avoir le temps de devenir véritablement pénible.

Là où Finding Polka dégaine sa vraie personnalité, c’est évidemment dans sa direction artistique.

L’ensemble du jeu est dessiné à la main au stylo-bille.

Pas simplement un filtre appliqué sur des modèles 3D. Le développeur Shinnosuke Kumazawa a réellement produit ses illustrations avant de les intégrer dans Unity, en conservant volontairement les irrégularités du trait.

Et ça change tout.

Les décors ressemblent à des gribouillis devenus autonomes pendant que leur propriétaire était parti faire du café. Des personnages minuscules vivent leur vie dans un coin, des objets s’entassent partout et chaque tableau donne envie de regarder deux secondes supplémentaires.

Le noir et blanc évite également que l’écran se transforme en sapin de Noël interactif. L’œil cherche naturellement ce qui bouge, ce qui dépasse ou ce qui paraît bizarre.

Dans un jeu entièrement basé sur l’observation, difficile de faire plus cohérent.

Une aventure sans voix qui raconte quand même quelque chose

L’absence de dialogues aurait pu donner naissance à une collection de pantins vaguement expressifs.

C’est tout l’inverse.

Les personnages fonctionnent grâce à leurs postures, leurs mouvements et surtout à un excellent travail sonore. Finding Polka comprend qu’un bon bruitage placé au bon moment peut raconter davantage qu’une fenêtre remplie de texte.

Cette économie générale lui donne énormément de charme.

Le jeu explique peu, parle encore moins, mais arrive pourtant à construire un univers parfaitement lisible.

L’origine du projet mérite également le détour.

Avant Finding Polka, Shinnosuke Kumazawa a travaillé près de vingt ans comme designer interactif dans la publicité au Japon. Lorsque son activité a ralenti pendant la pandémie, il s’est mis à apprendre Unity avec l’envie de créer quelque chose de plus durable que les campagnes publicitaires sur lesquelles il travaillait.

L’idée de Finding Polka serait née après avoir aperçu une affiche signalant un chien disparu.

Possédant lui-même le souvenir d’un chien auquel il était attaché, Kumazawa a construit son jeu autour d’une idée toute simple : chercher quelqu’un d’important.

Ses trois jeunes enfants ont également servi de testeurs pendant le développement. Il observait notamment les moments où ils se perdaient ou comprenaient spontanément ce qu’il fallait faire sans aucune explication.

Pour un jeu muet, difficile d’imaginer meilleur comité de validation.

Trois heures et puis s’en va

Finding Polka se termine en gros en deux heures trente à trois heures, selon la quantité de détours effectués.

À 9,99 €, certains trouveront forcément la balade un peu courte.

La rejouabilité est également assez faible une fois les secrets et interactions facultatives découverts.

Mais c’est presque une qualité.

Le jeu exploite son idée, fait son numéro, range son stylo et disparaît avant que la formule commence à fatiguer.

Il n’ajoute pas douze heures de remplissage pour faire gonfler une statistique sur une fiche Steam.

Si TOEM et Hidden Folks vous parlent…

Les amateurs de TOEM, Hidden Folks ou même de la petite liberté tranquille d’un A Short Hike devraient rapidement comprendre l’intérêt de Finding Polka.

Même plaisir d’observer, même goût pour les personnages secondaires inutiles donc indispensables, même impression de découvrir un petit monde plutôt que de simplement traverser un niveau.

En revanche, si l’objectif est de trouver des énigmes complexes, du challenge ou une progression profonde, demi-tour.

Finding Polka est une promenade, pas un examen d’entrée à Polytechnique.

MON AVIS
Finding Polka réussit parce qu’il ne cherche jamais à devenir plus gros que son idée.

Son gameplay est modeste, ses énigmes parfois un peu trop simples et certaines interactions manquent de clarté.

Mais son univers au stylo-bille possède une personnalité folle, son humour visuel fonctionne sans avoir besoin d’un seul dialogue et sa courte durée évite pratiquement tout temps mort.

C’est un jeu minuscule, étrange, délicat sans être mou, et suffisamment rempli de petits détails pour transformer trois heures de promenade en véritable chasse aux curiosités.

Un chien perdu, quelques feuilles de papier et beaucoup de Bic.

Finalement, le budget textures 8K pouvait rester à la maison.

EXCELLENT

Points forts

  • Une direction artistique immédiatement reconnaissable
  • Un univers muet pourtant extrêmement vivant
  • Une durée courte parfaitement adaptée au concept

Points faibles

  • Quelques interactions manquent de lisibilité
  • Des énigmes très simples
  • Peu d’intérêt à recommencer une fois tout découvert

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